1868 - Arrivée des Religieuses Hospitalières de St-Joseph à Tracadie
Externat St-Joseph
Ouverture le 9 décembre 1873, première école libre au Nouveau-Brunswick dirigée par une communauté féminine francophone. Cinquante élèves s'y présentent. Une contreporte et une vieille table prêtée constituent le seul mobilier. Fermeture en décembre 1885.
Orphelinat St-Joseph
En 1889, les religieuses commencent à accueillir quelques orphelins et à leur enseigner. Ils seront logés dans des locaux adjacents au lazaret. Le 3 septembre 1898, ouverture d'un édifice en pierre qui servira d'hôpital et logera les orphelins au 3e étage. En 1912, les orphelins seront transférés à l'Académie Ste-Famille.
Conditions d’admission à l’orphelinat de Tracadie1 - Les enfants doivent au moins avoir 4 ans et au plus 12 ans. 2- Ils ne doivent avoir aucune maladie préjudiciable aux orphelins déjà admis. 3- Il faut présenter le certificat du curé de l’enfant et son extrait de baptême. 4- Les orphelins sont tenus d’assister aux différentes classes données par les sœurs. Ils apprennent à lire, écrire et calculer selon leur âge et aptitude. 5 - Bien que l’institut soit catholique, les enfants d’autres confessions sont acceptés s’ils suivent les règlements de l’orphelinat. 6 - Les religieuses se réservent le droit de pouvoir remettre l’enfant aux parents ou au tuteur, quand il leur plaira et sans qu’elles soient obligées de donner une raison. Les parents sont priés de laisser en dépôt à l’orphelinat la somme suffisante pour payer le retour de l’enfant. Dans le cas où on ne pourrait pas trouver le père, la mère ou le tuteur, les sœurs essayeront de placer l’enfant sans qu’on puisse les inquiéter à ce sujet. 7 - Les parents ou les tuteurs qui confient un ou plusieurs enfants aux soins des religieuses sont priées de donner ce qu’ils peuvent pour les entretenir, l’œuvre étant fondée sur la charité publique. Une fois admis, les enfants sont nourris, habillés et reçoivent les soins en santé et en maladie dont ils ont besoin. 8- Dans le cas où des personnes aisées sans enfants souhaiteraient adopter des orphelins et leur créer dans la société une position convenable, les religieuses demanderont l’assentiment écrit des parents ou tuteurs. 9 - Le prix de la pension, de la literie et du lavage, pour les personnes qui peuvent payer, est de 60 dollars par année et par orphelin. 10 - Toute personne donnant une aumône de 10 cents par année sera inscrite sur la liste des bienfaiteurs, si des personnes aisées et charitables souhaitent prendre en charge seules l’entretien et l’éducation d’un orphelin, la supérieure de l’orphelinat le fera connaître à ses bienfaiteurs et vice versa, afin que l’enfant, devenu grand, puisse manifester sa reconnaissance envers ceux qui l’auront protégé. |
Académie Ste-Famille
Au printemps de 1910 commence la construction de la future Académie Ste-Famille, un rêve de Mgr Barry et des religieuses qui désiraient une maison d'éducation pour les orphelins, les enfants du village et des environs. Elle ouvre ses portes le 12 septembre 1912 à 200 élèves pensionnaires et externes. On y enseigne le cours académique, le cours commercial, l'enseignement ménager, les cours de chant, de musique et de peinture. Comme école privée, elle servira jusqu'en 1967, accueillant plus de 5000 pensionnaires en plus des nombreuses externes. De 1967 à
1976, elle deviendra école publique sous la gouverne du ministère de l'Éducation.
Cours enseignés à l’Académie Sainte-Famille (1927-1966)
| Niveau / Année | Matières enseignées |
|---|---|
| Grade 5 et 6, 1929 | Catéchisme, lecture française, lecture anglaise, épellation, devoirs journaliers, calligraphie, dessin, grammaire française, grammaire anglaise, arithmétique, physiologie (physique), histoire naturelle, géographie, histoire du Canada et de l’Angleterre. |
| Grade 7, 1951 | Doctrine chrétienne, grammaire française, grammaire anglaise, épellations, lecture française et composition française, géographie, hygiène, sciences, arithmétique. |
| Grade 8, 1930 | Étude de la religion, grammaire française, grammaire anglaise, littérature anglaise, géographie, histoire naturelle, arithmétique, dessin, chimie, latin, algèbre, géométrie, lecture française, devoirs journaliers, histoire du Canada et de l’Angleterre. |
| Grade 9, 1934 | Étude de la religion, grammaire française, grammaire anglaise, littérature anglaise, histoire, géographie, histoire naturelle, arithmétique, dessin, chimie, latin, algèbre, géométrie, économie domestique. |
| Grade 10, 1932 | Histoire de la religion, français, grammaire anglaise, littérature anglaise, histoire universelle, histoire d’Angleterre et du Canada, botanique, géographie, arithmétique, physiologie (physique), dessin, chimie, latin, algèbre, géométrie, économie domestique. |
| Grade 10, 1948 | Doctrine chrétienne, grammaire française, littérature française, grammaire anglaise, littérature anglaise, histoire, latin, algèbre, géométrie, physique, chimie. |
| Grade 11, 1927 | Catéchisme, français, grammaire anglaise, littérature anglaise, histoire universelle, histoire anglaise, botanique, géographie, arithmétique, physiologie (physique), dessin, latin, chimie, latin, algèbre. |
| Grade 11, 1949 | Doctrine chrétienne, grammaire française, grammaire anglaise, littérature française, littérature anglaise, histoire, latin, physique, chimie, algèbre, géométrie. |
| Grade 12, 1966 | Religion, français, anglais, rédaction française, rédaction anglaise, géométrie, histoire, chimie, biologie. |
Marie-Berthe Drainville dite sœur Fauteux
Marie-Berthe Drainville dite sœur Fauteux est née le 15 novembre 1887 à Berthierville, au Québec. Ses parents Désiré Drainville, « écuier médecin » et Marie-Flore Fauteux déménagent à Montréal alors qu’elle n’a que six mois. D’une famille de 15 enfants, mais dont 11 meurent en bas âge, elle est précédée à Tracadie par sa sœur Marie-Anne. Elle entre au noviciat à Tracadie le 28 juillet 1913 et donne tout de suite des cours de musique et devient l’organiste l’année suivante. Elle a étudié à l’Académie Saint-Léon chez les sœurs de la Congrégation Notre-Dame et est détentrice d’un diplôme de sténographie, de chant moderne et grégorien, de violon ainsi que d’un professorat de piano. De 1915 à 1917, elle est « aide » à la maitresse de musique et occupe ce poste jusqu’en 1950. De 1920 à 1925, elle est également maîtresse du pensionnat pour la division des grandes. Ses activités sont multiples, car en plus d’enseigner le piano, l’harmonium, le violon, la mandoline, la guitare et de préparer les élèves pour les concerts, elle donne des leçons de chant, de solfège, de diction et d’élocution et de bienséance, tout en continuant ses études en musique et en étant l’organiste de la communauté. En plus des cours associés aux disciplines fondamentales, la formation en musique devient une activité qui prend sans cesse de l’essor à l’Académie.
Afin de faciliter l’enseignement du violon, on envoie sœur Fauteux poursuivre ses études musicales à Montréal pour lui permettre d’obtenir ses diplômes de violon.
La collation des diplômes est l’évènement culturel de l’année à Tracadie, et la salle de concert est toujours pleine. L’ensemble musical de son temps compte jusqu’à 30 ou 40 élèves qui présentent des pièces en solo, en duo ou par ce qu’on appelle « l’orchestre ».
L’un des derniers ensembles très talentueux est composé de membres d’une famille, « l’orchestre Coughlan », constitué de filles et fils de John Coughlan et Élizabeth Robichaud.
Chaque année, on y présente aussi une pièce de théâtre.
En 1950, elle est nommée au Sanatorium Notre-Dame de Lourdes à Bathurst comme organiste, puis, pendant huit ans, au noviciat de Vallée-Lourdes. Elle est en même temps professeur de chant, de diction, de chant grégorien et organiste pour les novices. De 1959 à 1963, elle remplit les fonctions d’organiste au sanatorium de Vallée-Lourdes avant de retourner à l’infirmerie de l’Hôtel-Dieu de Tracadie. Elle est décédée le 28 janvier 1967.
Son œuvre demeure vivante à travers la salle de spectacle qui porte son nom au 3e étage de l’Académie Sainte-Famille.
